Mère Marie de la Croix

Fondatrice des Petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur

L’enfance de Maria

 

​​Aux confins de la Bretagne et de l’Anjou, à Saint Aignan-sur-Roë dans le sud de la Mayenne, le 21 avril 1901 (2e dimanche de Pâques), une petite fille vient de naître chez Marin Nault et son épouse Jeanne Luais, mariés depuis un an, agriculteurs à  la ferme de la Morinaie.

 

Les cloches de la paroisse sonnent : le bébé, baptisé le jour même, reçoit le nom de Maria, Henriette, Alexandrine, Prudence. Plus tard, Mère Marie de la Croix racontera :       « Je suis née à 7 mois, mais je n’avais pas la force de crier ni de pleurer à ma naissance. On m’avait enveloppée dans de la ouate ; j’avais donné beaucoup d’embarras et d’inquiétude. Je n’avais pas deux sous de vie, m’ont dit bien souvent mes parents »

Les Parents Nault

au jour de leur mariage 1900

Maria est l’aînée de cinq enfants, dont Madeleine née en 1902, les jumeaux Angèle et Eugène en 1903, morts un mois après leur naissance, et Francis, né en 1905. Les parents de Maria étaient de fervents chrétiens. Matin et soir, ils faisaient la prière en famille.

 

Vers l’âge de trois ans, Maria est gravement brûlée, elle endure des souffrances atroces. Il lui faudra six semaines pour réapprendre à marcher : les talons étaient brûlés. À quatre ans, la maladie du croup la rend chétive. À six ans, elle reçoit de la jument un coup de pied au ventre.

Madeleine Francis Maria

Eglise de St Aignan Sur Roë

De 1907 à 1913, Maria va à pied à l’école des Sœurs de la Charité, à Brains-sur-les-Marches, village natal du cardinal Suhard, avec sa sœur Madeleine. Maria a de la facilité à apprendre vite mais elle est très timide : « Je n’osais pas souvent répondre aux questions. » Elle est timide certes mais aussi espiègle, pleine de joie de vivre, prête à dissiper toute une classe : un jour, elle emporte en catimini de la maison la tabatière de son père qu’elle fait passer à toute la classe pour une bonne prise et ce sont des fous rires qui amènent le reproche de la maîtresse : « C’est vous Maria qui avez fait cela ? » Le reproche l’humilie profondément.

 

Sa mère était austère et bonne. « À la Morinaie, elle ne ménageait pas sa peine, ses fatigues. Elle était d’une énergie extraordinaire. Pour elle tout était assez bon, mais pour les autres ce n’était pas la même chose. Elle nous parlait de petits sacrifices à faire. » Son père, Marin Nault, était très actif, dur au travail pour lui-même d’abord. « Il fallait que ça marche. Il ne pouvait pas souffrir la lenteur. »

 

Maria fit sa communion le 7 mai 1911 et fut confirmée un an plus tard, le 25 avril 1912, à Fontaine-Couverte, par Monseigneur Grellier. Maria a un grand désir de sainteté : « C’est à l’âge de neuf ans que j’eus tout à fait l’idée de me consacrer toute au bon Dieu. » Elle aimait beaucoup Marie.

Ici Maria est née à la vie divine

À dix ans, elle s’offre à notre Mère du Ciel : « Ô Sainte Vierge Marie, prenez mon pauvre petit cœur, le voilà ma bonne Mère, je vous l’offre, prenez-en soin. Donnez-moi l’innocence, rendez-moi pure à vos yeux, mais donnez-moi votre cœur pour vous aimer beaucoup. Bonne Mère, bénissez votre petite enfant qui vous aime comme mon papa et ma maman, même davantage parce que vous êtes au ciel. »

St Aignan Sur Roë Jadis